Sexe, désirs et politique : tels étaient les piliers d’une révolution morale qui, dans les années 1970 allaient directement brancher le corps sur la question sociale. Contestant l’image virile du créateur démiurge et virtuose, les formes minoritaires de Soufiane Ababri réactualisent ces enjeux dans une forme douce d’« intersectionnalité » critique, qui aborde conjointement les pensées post-coloniales, queers et contre-culturelle au sens large. Indiciel, le travail n’entend pas discourir ou aborder frontalement ces questions, préférant en proposer un jeu de signes. 

Puisque ce sont des marques, souvent clandestines, que dépose l’histoire de la domination universelle sur le réel, ce seront d’autres marques que l’artiste réinsèrera dans ce flux. Les moyens utilisés sont volontairement rudimentaires : appropriations, recadrages et détournements d’images trouvées sur Internet, dessins (« Bed works » exécutés en position allongée) ou performances réalisées pour la photographie. Des gestes transitifs plus que des positions tranchées. Bien en deçà des sphères éthérées de l’inspiration transcendante, l’art de Soufiane Ababri a les deux pieds dans le réel : des instantanés de vie non héroïsés côtoient des référents de l’histoire de l’art ou du cinéma, dans une sorte de data base amateur partagée en direct. 

Des visions non héroïsées, certes, mais pas non érotisées. Ses rendus d’observations sont toujours discrètement transformés par le fantasme et le désir, comme si à une banalisation du sexe il opposait une sexualisation de la banalité. Plus profondément, cette dé-hiérarchisation des sujets comme des styles manifeste d’une stratégie de lutte contre la violence normative à travers des économies alternatives de travail. Une échelle intime du politique qui rejoint les théories du « moindre geste » de Erin Manning[1] : un éloge du mouvement mineur, imperceptible et apparemment dérisoire, qui ne résulte ni du volontarisme ni totalement du hasard, ni vraiment de l’intention ni du réflexe, ou un peu de tout cela, mais finit par être celui qui détermine l’histoire.



[1] Erin Manning, The Minor Gesture, Duke University Press,2016 



Guillaume Désanges    






Born in 1985, Rabat, Morocco
Lives and works between Paris and Tangier



Education:

2010: Licence at l’École Supérieure des Beaux Arts de Montpellier, France

2014: Master II at l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Paris
2016-2017: Post-Diploma at École Supérieure des beaux arts, Lyon France

Solo Exhibitions:

2015:  "what’s the name of this nation", Le Cube independent art Room, curating, Karima Boudou, Rabat, Morocco
2017 : "Oh please! don't be angry! it's based on emotional facts" Eternal Network, Tours, France.



Selected group exhibitions:

2013:  "Ce lieu n’est pas la maison de Descartes", curating Karima Boudou, Institut Français Amsterdam.
2013:  "The Dorian’s Room at Babel North", Galerie Mfc Michèle Didier Paris,
2014:  "You can delete any comment that you create", curating Karima Boudou, Brussels. 

2015 : "Chercher le garçon", MAC/VAL curating Frank Lamy.
2015 : "Recto/Verso", Fondation Louis Vuitton.
2015 : "I’m Burning Paris", curating Stanisław Ruksza, cité internationale des arts Paris

2017: 62éme salon de Montrouge, Montrouge, France
2017: "Tous des sang-mêlés" MAC/VAL, Vitry, France

2017:  Clinicat Régina, Mexico, Mexique

Intervention/Workshops:

2015 : Betonsalon centre d’art et de recherches / "Les tentatives invérifiables de rentrer dans l’Histoire".
2015 : Talk with Virginie Bobin, «Boys don’t cry», Mac/Val Paris,
2015 : Workshop at Quimper art school, Quimlper, France

2015 : Hospitalité, Bétonsalon & Macval.
2016 : member of jury DNSEP at l’ISBA, Besançon.

2016 : intervention at university François Rabelais, Tours. 
2017: «Replay» sur les usages de l’archive dans l’art, Archives nationales, PAris
  

Résidences:

2015-2016 : cité internationale des arts de Paris, France

2016-2017 : Post-Diploma at École Supérieure des Beaux Arts, Lyon

Publication:

2012 : Interview Karima Boudou. Ksat Magazine
2012 : Text by Yasmine Taskh
2013 : Revue WTNOTN n° 0 (what’s the name of this nation).