What’s The Name Of This Nation 
Solo exhibition at Le cube indépendant art room Rabat Morocco  
Curated by Karima Boudou








Pyramid I (Al mummia)
Pyramid II (Al mummia)
wood and sound system
50x50x50
2015



Egyptomania
c-print 40x50
2015






Untitled (le voyage de mohamed merah)
Document and glass painting
21 x 29,7
2015




Nous aimons le rose malgré les apparences
installation
Vidéo 8'24 ( Alexandre Paulikevitch ), Photo archive, pink wall 
2015














Pyramid III : African spiritual concepts at the Temple of Aset (Isis)
Sculptur wood and sound système 
50x50x50
2015




Untitled (le tourisme de destruction massive)
archive pictures
2015







Untitled (Sand stacks) 
sand, varying size 
2015





​Untitled​ (LE TOURISME DE DESTRUCTION MASSIVE),​ 2015 
collection of six photographs from colonial times in Egypt



P-H-R-E but not F-R-E-E*
by Karima Boudou (eng/fr)


Long before the world wide web, the streets were the disseminators of information. Urban dwellers would often find rising before them on readymade pulpits or soapboxes, street corner orators of all varieties expounding on all matter of subjects. In the first scenes of the exhibition What’s The Name Of This Nation,pyramids similar to spaceships from an idyllic planet set course for the Earth. It seems like Sun Ra is in command. From behind our keyboards we pilot together the music-driven ship and its crew, the intergalactic WTNOTN,first to Egypt and then, across deserts, mountains and cities in Africa, and then to the United States. Remember that Sun Ra has come to our planet with a mission: the salvation of the Afro-Americans.


The exhibition and magazine WTNOTN offer the possibility to temporarily leave the planet Earth and to build a new life with or without the interference of domination, class, gender, race and identity. The Earth is doomed, the arrival of WTNOTN is an omen of the Apocalypse. When the magazine and the exhibition land, surrounded by pulsating laser beams, set foot on the art space Le Cube, a prophecy is fulfilled and the end of time has come. Sun Ra explains: “We work on the other side of time”. One of the backholds of the exhibition, presenting the work of artist Soufiane Ababri, is the film featuring lebanese choreographer Alexandre Paulikevitch. He is in Beirut performing Baladi dance, reminding us of Egyptian deities practicing dance rituals as they took place in Ancient Egyptian mythology. As with Sun Ra who pleaded for a spiritual liberation that can only be achieved through ascesis, discipline, study and submission to cosmic hierarchy; the body and the mind become tools for political and social resistance.

What’s The Name Of This Nations principal theme is the alliances between African identity and Ancient Egypt’s lens through an exhibition and a magazine, the latter aimed at teleporting itself from the apartment of Le Cube as a spaceship, as in a Star Trek episode lifting off and leaving the earth further and further behind. It dates from 2015 and is largely set in the center of Rabat, Morocco, at the moment the stronghold of Le Cube. At the entrance of the exhibition space, Ababri’s work Egyptomania (2015) depicts a vandalized 19th century replica of an Egyptian statue to be found in Paris. This vandal intervention suggests that this history, which distorts facts in order to found a supremacy on false evidence, needs to be re-written by a younger generations who wants to take back its past. For instance, Soufiane Ababri’s corpus of artworks in the back room of the gallery proposes a view of the history and the future of the Africans and Afro-Americans. The works are set as an open concept providing a mixture of black Bible interpretations through a soundtrack from an African-American tour guide in Egypt (claiming that everything that the ancient Greek knew had been stolen from the Egyptians), a sand dune in the corner of the room ( Untitled (sand stacks) ,2015disposed àla Félix González-Torres and sticking and contaminating the shoes of the visitor without her/his will), a colourfoul pyramid as a sculptural hybridization with an African mask (Pyramid III, African Spiritual Concepts at the Temple of Aset (Isis),2015), and an historical part with a collection of six photographs from colonial times in Egypt (Untitled(LE TOURISME DE DESTRUCTION MASSIVE),2015).

The magazine WTNOTN reports of science-fiction, poetry, visual arts, choreography, new developments in space and travel connected with rapper from the Zulu Nation Kool Moe Dee, artist Lili Reynaud Dewar, curator Alexis Vaillant, writer Mohamed Hmoudane, artist Kapwani Kiwanga, writer Mohamed Leftah, art critic Stéphane Léger, artist Maha Maamoun, artist Lorraine O'Grady, choreographer Alexandre Paulikevitch, activist and social sciences alumni Montassir Sakhi, as well as artist Fred Wilson.


The various contributions in What’s The Name Of This Nation suggest that we can only free ourselves from our ‘inverted positions’ on this planet through various myths, through the powers of imagination, through music and various disciplines that arise the spirit to another world. Sun Ra once explained to his students:

“I see myself as P-H-R-E.

P-H-R-E but not F-R-E-E*. That’s the name of the sun in ancient Egypt”.




 Karima Boudou     


The satellites are spinning,
a better day is breaking.
The galaxies are waiting
For planet Earth's awakening.
(Sun Ra) 




/
P-H-R-E but not F-R-E-E*
Karima Boudou


Bien avant le world wide web, les rues étaient les disséminateurs de l’information. Les citadins se retrouvaient souvent face à des discours proclamés sur de simples tabourets ou boîtes à savon, des orateurs en tous genres se retrouvant au coin d’une rue à s’étaler sur une multitude de sujets. Dans les premières scènes de l’exposition What’s The Name Of This Nation,des pyramides similaires à des vaisseaux spatiaux venant d’une planète idyllique mettent le cap sur la Terre. On dirait que Sun Ra est aux commandes. Derrière nos claviers, nous pilotons ensemble le navire musical avec son équipage, l’intergalactique WTNOTN,d’abord vers l’Egypte et ensuite au travers des déserts, montagnes et villes en Afrique, et enfin vers les Etats-Unis. Souviens-toi que Sun Ra est venu sur notre planète avec une mission: le salut des Africains-Américains.

L’exposition et magazine WTNOTN offrent la possibilité de temporairement quitter la planète Terre et de construire une nouvelle existence avec ou sans l’interférence de la domination, de la classe sociale, du genre, de la race et de l’identité. La Terre est condamnée, l'arrivée de WTNOTN est un présage de l'Apocalypse. Lorsque le magazine et l’exposition atterissent, entourés par des faisceaux de laser pulsés, ils mettent les pieds sur l'espace d'art Le Cube, une prophétie se réalise et la fin des temps fait son arrivée. Sun Ra nous explique: “Nous travaillons de l’autre côté du temps”. L’un des points d’ancrage de l’exposition, qui présente le travail de Soufiane Ababri, est le film dans lequel figure le chorégraphe libanais Alexandre Paulikevitch. Il est à Beyrouth performant la danse Baladi,nous rappelant ainsi les divinités égyptiennes et leurs rituels de danse tels qu’ils ont été représentés dans la mythologie de l’Egypte antique. A la manière de Sun Ra qui plaidait pour une libération spirituelle qui peut être menée seulement par l’ascèse, la discipline, l’étude et la soumission à la hiérarchie cosmique; le corps et l’esprit deviennent des outils pour une résistance politique et sociale.


Le thème principal de What’s The Name Of This Nation repose sur les alliances entre l’identité Africaine et l’Egypte antique comme prisme dans une exposition et un magazine, ce dernier ayant pour mission de se téléporter en dehors de l’appartement du Cube comme un vaisseau spatial, à la manière d’un épisode de Star Trek en laissant peu à peu derrière lui la planète Terre. WTNOTN date de 2015 et se déroule dans le centre ville de Rabat, qui est en ce moment la base d'atterrissage du Cube. A l’entrée de l’espace d’exposition, l’oeuvre d’Ababri intitulée Egyptomania (2015) représente une statue vandalisée du 19ème siècle se trouvant à Paris. Cette intervention vandale suggère que cette histoire, qui déforme les faits afin d’appuyer une suprématie fabriquée sur de fausses preuves, doit être ré-écrite par une génération plus jeune qui veut se ré-approprier son passé. Par ailleurs, le corpus d’oeuvres présenté par Soufiane Ababri dans la salle d’exposition du fond propose une analyse du futur des Africains et des Africains-Américains. Les oeuvres sont posées comme un concept ouvert composé d’un mélange d’interprétations black Bible au travers de la bande son d’un guide touristique Africain-Américain en Egypte (qui affirme que toutes les connaissances des Grecs anciens ont été volées aux Egyptiens), une dune de sable à l’angle de la salle d’ exposition (Untitled (sand stacks),​ 2015;​ disposée à​ la Félix González-Torres et qui colle et contamine volontairement les chaussures du visiteur contre sa propre volonté), une pyramide colorée en tant que sorte d’hybridation sculpturale avec un masque africain (Pyramid III, African Spiritual Concepts at the Temple of Aset (Isis),2015), et une partie historique avec une collection de six photographies de l’époque coloniale en Egypte (Untitled(LE TOURISME DE DESTRUCTION MASSIVE),2015).


Le magazine WTNOTN fait état de la science-fiction, de la poésie, des arts visuels, de la danse, de nouveaux développements dans l’espace et le temps connectés au rapper de la Zulu Nation Kool Moe Dee, à l’artiste Lili Reynaud Dewar, au commissaire d’exposition Alexis Vaillant, à l’écrivain Mohamed Hmoudane, à l’artiste Kapwani Kiwanga, à l’écrivain Mohamed Leftah, au critique d’art et chercheur Stéphane Léger, à l’artiste Maha Maamoun, à l’artiste Lorraine O’Grady, au chorégraphe Alexandre Paulikevitch, à l’activiste et doctorant en Sciences Sociales Montassir Sakhi, ainsi qu’à l’artiste Fred Wilson. 


Les diverses contributions dans What’s The Name Of This Nation suggèrent que nous pouvons nous émanciper de nos ‘positions inversées’ sur cette planète seulement au travers de mythes, au travers des pouvoirs de l’imagination, au travers de la musique et diverses disciplines qui élèvent l’esprit vers un autre monde. Sun Ra a un jour expliqué à ses disciples:

“Je me vois comme P-H-R-E.

P-H-R-E mais pas F-R-E-E. C’est le nom du soleil dans l’Egypte antique”.






The satellites are spinning,
a better day is breaking.
The galaxies are waiting
For planet Earth's awakening.
(Sun Ra)